Juin des fiertés, Livres

Annabel de Kathleen Winter

Editions 10/18. 2014. 480 pages.

#juindesfierté

Résumé

En 1968 au Canada, dans un village reculé de la région du Labrador, un enfant voit le jour. Ni tout à fait homme ni tout à fait femme, il est les deux à la fois. Seules trois personnes partagent ce secret : les parents de l’enfant et Thomasina, une voisine de confiance. Ensemble, ces adultes prennent la difficile décision de faire opérer l’enfant et de l’élever comme un garçon, prénommé Wayne. Mais tandis que ce dernier grandit, son moi-secret – une fille qu’il appelle Annabel – ne disparaît jamais complètement…

Mon avis

J’ai été choquée par le choix de ce couple de faire opérer leur enfant sans prendre le temps d’en discuter et surtout cacher la vérité. La mère voulait une fille et le père un garçon… et puis je me suis remise en tête qu’en 1968, la médecine n’était pas au top et se servait un peu des enfants comme Wayne/Annabel pour parfaire leur connaissance et faire des expériences, malheureusement.

La peur des parents est, cela dit, compréhensible, ne pas savoir ce que va devenir son enfant dans le monde, on ne peut pas le garder caché. Mais malgré la peur, avons-nous le droit de choisir pour eux ? Ne peut-on pas laisser le temps et le corps évolué ? Et surtout devons-nous en faire un secret « pour le bien de tous » ? (je dirais de certains seulement au bout du compte). C’est comme si on jouait à pile ou face avec le corps d’un enfant, « tu seras un garçon, et tant pis si finalement tu es une fille ! »

Treadway, le père, n’en démord pas jusqu’au bout, il a un fils, c’est le genre d’homme qui ne reconnaît pas du tout d’avoir fait des mauvais choix. Il n’arrive pas à être proche de son « fils » parce qu’il est différent, un peu trop féminin.

Jacinta, la mère, laisse son mari prendre les décisions alors qu’elle n’est pas d’accord et finalement, elle n’arrive pas à être vraiment proche de son fils parce qu’elle voit sa fille. Elle n’est pas heureuse du tout.

Thomasina est finalement la seule qui essaie d’être honnête mais même là elle est bloquée par les parents qui ne veulent pas que Wayne sache. Et pourtant pendant les moments où ils sont tous les deux, elle l’appelle Annabel, sans qu’il ne comprenne vraiment pourquoi. Jusqu’au moment fatidique.

Wayne a toujours cherché la reconnaissance de son père même quand il lui imposait les pires réactions parce qu’il ne comprenait pas son fils. Il était proche de sa mère mais elle aurait tellement aimé parler à sa fille. Tout ses non-dits n’ont fait que les éloigner les uns des autres et je trouve ça tellement dommage.

Du fait que Wayne ne sache pas ce qui se passe réellement dans son corps, je trouve qu’on passe à côté de plusieurs choses, même si on comprend très vite qu’il aimerait être une fille. Il n’en parle pas vraiment et refoule tout. Je suppose que cela doit se passer souvent comme ça quand on grandit dans une famille fermée à toute communication sur les sujets importants. Finalement c’est l’entourage et le monde extérieur qui nous jugent et nous bloquent à devenir ce qu’on est vraiment au fond de nous.

J’ai quand même apprécié ma lecture. L’autrice nous emmène dans un décors sauvage magnifique même si la vie y est très dure. Elle se perd parfois entre les pensées des personnages et la réalité du moment, ça m’a obligé à relire quelques phrases précédentes pour mieux comprendre. On n’est pas tout le temps avec Wayne, on suit aussi son entourage proche sur des moments de leur vie où ils pensent à lui, était-ce vraiment utile, peut-être pas mais instructif sur l’attachement des personnages. Je dois dire que je reste quand même un peu sur ma faim, je m’attendais à autre chose.

Je trouve que la couverture du livre est très belle. Je la regarde parfois en m’imaginant Wayne, elle a été très bien choisie.

Conclusion

Pour moi Wayne est Annabel depuis le début mais pour les personnages du livre, elle était Wayne malgré elle. Du coups j’ai choisi de la genrer au masculin. Mais finalement, ne devrions-nous pas utiliser le terme « iel » ? Je ne suis pas assez renseignée sur ce sujet pour prendre des libertés et je m’excuse auprès de ceux qui me liront et qui seraient dans le même cas qu’Annabel. Ici c’est un cas d’intersexuation et pas une transidentité quoique le père ayant choisi qu’elle serait un homme, on peut peut-être parler de transidentité ?

Comme tu le vois je sors de cette lecture avec pleins de questions, si tu as des réponses ou plutôt des conseils n’hésite pas à les partager en commentaire, j’en serais ravie.

Bonne lecture à toi !

2 réflexions au sujet de “Annabel de Kathleen Winter”

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